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Africanism (feat. Egypt 80)

Africanism (feat. Egypt 80)

"Nous qui avons bĂ©nĂ©ficiĂ© des Last Poets devrions pouvoir dire aujourd'hui : ‘ce sont les Last Poets. Ce sont eux que nous devons honorer, car nous ne les avons pas honorĂ©s pendant tant d’annĂ©es.’”

KRS One ne s’adressait pas seulement aux membres de la communautĂ© hip-hop en prononçant ces mots pour introduire la vidĂ©o de *Invocation* – un poĂšme Ă©crit il y a trente ans, Ă  peu prĂšs Ă  l'Ă©poque du dernier grand retour des Last Poets. Il parlait Ă  tous ceux qui ont Ă©tĂ© touchĂ©s par le pouvoir des mots et des sons rĂ©volutionnaires que les Last Poets ont introduits au monde, au-delĂ  d’Harlem, au dĂ©but des annĂ©es 70.

En 2018, les deux derniers membres des Last Poets, Abiodun Oyewole et Umar Bin Hassan, ont entamĂ© un nouveau retour mĂ©morable avec un album – *Understand What Black Is* – qui a Ă©tĂ© comparĂ© favorablement Ă  leurs Ɠuvres pionniĂšres, tout en prĂ©sentant leur passion et leur brio lyrique dans un contexte totalement nouveau : celui de la musique reggae. Des titres comme *Rain Of Terror* (« L’AmĂ©rique est un terroriste ») et *How Many Bullets* dĂ©montraient qu’ils n’avaient rien perdu de leur feu ni de leur colĂšre, et leur mission restait la mĂȘme.

« La mission des Last Poets Ă©tait de sortir les gens des dĂ©combres de leurs vies », Ă©crivait leur biographe Kim Green. « Ils savaient, au fond d’eux-mĂȘmes, que la poĂ©sie pouvait sauver les gens – que si les Afro-AmĂ©ricains pouvaient se voir et s’entendre, ainsi que leurs luttes, Ă  travers la parole, ils seraient poussĂ©s au changement. »

Quelques annĂ©es plus tard, un nouvel album voit le jour. Le projet a dĂ©butĂ© lorsque Tony Allen, le maĂźtre batteur nigĂ©rian dont les rythmes polyrythmiques uniques ont marquĂ© de nombreuses Ɠuvres de Fela Kuti, s’est rendu dans le studio de Prince Fatty Ă  Brighton et a enregistrĂ© des motifs de batterie mĂ©morables. C’était en 2019, mais la pandĂ©mie a tout interrompu. Une fois celle-ci passĂ©e, le label a rĂ©servĂ© un studio Ă  Brooklyn oĂč les deux PoĂštes ont enregistrĂ© quatre morceaux chacun, insufflant une nouvelle Ă©nergie, feu et indignation dans certains des moments les plus marquants de leur carriĂšre. 

Abiodun, l’un des membres fondateurs des Last Poets qui s’étaient rĂ©unis au Mount Morris Park d’East Harlem pour cĂ©lĂ©brer l’anniversaire de Malcolm X en mai 1968, a choisi quatre poĂšmes de leur premier album, *The Last Poets*. Parmi eux, *When The Revolution Comes*, qu’il avait Ă©crit Ă  l’ñge de vingt ans, alors qu’il vivait Ă  Jamaica, Queens. « Nous nous prĂ©parions Ă  une rĂ©volution, » a-t-il confiĂ© Ă  Green. 

Umar, originaire d’Akron, Ohio, est arrivĂ© Ă  Harlem dĂ©but 1969, aprĂšs avoir vu Abiodun et les autres Last Poets lors d’un festival d’arts noirs Ă  Cleveland. C’est lĂ  qu’il a dĂ©couvert ce qu’Amiri Baraka appelait « l’animation rythmique du mot, du poĂšme, de l’image comme musique des mots » – une force crĂ©ative qui redĂ©finissait le concept de la poĂ©sie de performance. 

Lorsque Umar a rejoint Harlem, Abiodun lui a demandĂ© ce qu'il avait appris. Umar a rĂ©pondu : « Les nĂšgres ont peur de la rĂ©volution. » « Écris-le, » l’a encouragĂ© Abiodun. Ce poĂšme est devenu une priĂšre, un appel aux armes, un bassin spirituel oĂč se purifier car les nĂšgres ne sont pas que des ĂȘtres abjects et fainĂ©ants ; ils sont des humains perdus dans le systĂšme de valeurs et de morale de quelqu’un d’autre.

Ainsi, le problĂšme ne vient pas seulement de la race ou de la religion, mais d’un systĂšme Ă©conomique qui maintient des millions de personnes dans la pauvretĂ© et la peur – un systĂšme devenu si enracinĂ© et nourri par son propre succĂšs qu'il met l'humanitĂ© en danger. C’est l’acceptation par de nombreux Afro-AmĂ©ricains du statu quo qui a inspirĂ© *Just Because*. 

Les deux derniers morceaux d'Umar le voient revisiter des poĂšmes de leur deuxiĂšme album, *This Is Madness!*. Par ailleurs, les morceaux instrumentaux d’*Africanism* sont aussi rĂ©vĂ©lateurs et excitants que les paroles des Last Poets. Les styles et influences variĂ©s prĂ©sentĂ©s ici ne sont pas issus de samples mais jouĂ©s « en live » par des musiciens rĂ©agissant aux sons d’autres musiciens. C’est de lĂ  que vient la magie, soutenue par le mixage incomparable de Prince Fatty, qui permet Ă  chaque son d’ĂȘtre entendu avec une clartĂ© remarquable.

John Masouri

$28.00
Africanism (feat. Egypt 80)—
$28.00
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Description

"Nous qui avons bĂ©nĂ©ficiĂ© des Last Poets devrions pouvoir dire aujourd'hui : ‘ce sont les Last Poets. Ce sont eux que nous devons honorer, car nous ne les avons pas honorĂ©s pendant tant d’annĂ©es.’”

KRS One ne s’adressait pas seulement aux membres de la communautĂ© hip-hop en prononçant ces mots pour introduire la vidĂ©o de *Invocation* – un poĂšme Ă©crit il y a trente ans, Ă  peu prĂšs Ă  l'Ă©poque du dernier grand retour des Last Poets. Il parlait Ă  tous ceux qui ont Ă©tĂ© touchĂ©s par le pouvoir des mots et des sons rĂ©volutionnaires que les Last Poets ont introduits au monde, au-delĂ  d’Harlem, au dĂ©but des annĂ©es 70.

En 2018, les deux derniers membres des Last Poets, Abiodun Oyewole et Umar Bin Hassan, ont entamĂ© un nouveau retour mĂ©morable avec un album – *Understand What Black Is* – qui a Ă©tĂ© comparĂ© favorablement Ă  leurs Ɠuvres pionniĂšres, tout en prĂ©sentant leur passion et leur brio lyrique dans un contexte totalement nouveau : celui de la musique reggae. Des titres comme *Rain Of Terror* (« L’AmĂ©rique est un terroriste ») et *How Many Bullets* dĂ©montraient qu’ils n’avaient rien perdu de leur feu ni de leur colĂšre, et leur mission restait la mĂȘme.

« La mission des Last Poets Ă©tait de sortir les gens des dĂ©combres de leurs vies », Ă©crivait leur biographe Kim Green. « Ils savaient, au fond d’eux-mĂȘmes, que la poĂ©sie pouvait sauver les gens – que si les Afro-AmĂ©ricains pouvaient se voir et s’entendre, ainsi que leurs luttes, Ă  travers la parole, ils seraient poussĂ©s au changement. »

Quelques annĂ©es plus tard, un nouvel album voit le jour. Le projet a dĂ©butĂ© lorsque Tony Allen, le maĂźtre batteur nigĂ©rian dont les rythmes polyrythmiques uniques ont marquĂ© de nombreuses Ɠuvres de Fela Kuti, s’est rendu dans le studio de Prince Fatty Ă  Brighton et a enregistrĂ© des motifs de batterie mĂ©morables. C’était en 2019, mais la pandĂ©mie a tout interrompu. Une fois celle-ci passĂ©e, le label a rĂ©servĂ© un studio Ă  Brooklyn oĂč les deux PoĂštes ont enregistrĂ© quatre morceaux chacun, insufflant une nouvelle Ă©nergie, feu et indignation dans certains des moments les plus marquants de leur carriĂšre. 

Abiodun, l’un des membres fondateurs des Last Poets qui s’étaient rĂ©unis au Mount Morris Park d’East Harlem pour cĂ©lĂ©brer l’anniversaire de Malcolm X en mai 1968, a choisi quatre poĂšmes de leur premier album, *The Last Poets*. Parmi eux, *When The Revolution Comes*, qu’il avait Ă©crit Ă  l’ñge de vingt ans, alors qu’il vivait Ă  Jamaica, Queens. « Nous nous prĂ©parions Ă  une rĂ©volution, » a-t-il confiĂ© Ă  Green. 

Umar, originaire d’Akron, Ohio, est arrivĂ© Ă  Harlem dĂ©but 1969, aprĂšs avoir vu Abiodun et les autres Last Poets lors d’un festival d’arts noirs Ă  Cleveland. C’est lĂ  qu’il a dĂ©couvert ce qu’Amiri Baraka appelait « l’animation rythmique du mot, du poĂšme, de l’image comme musique des mots » – une force crĂ©ative qui redĂ©finissait le concept de la poĂ©sie de performance. 

Lorsque Umar a rejoint Harlem, Abiodun lui a demandĂ© ce qu'il avait appris. Umar a rĂ©pondu : « Les nĂšgres ont peur de la rĂ©volution. » « Écris-le, » l’a encouragĂ© Abiodun. Ce poĂšme est devenu une priĂšre, un appel aux armes, un bassin spirituel oĂč se purifier car les nĂšgres ne sont pas que des ĂȘtres abjects et fainĂ©ants ; ils sont des humains perdus dans le systĂšme de valeurs et de morale de quelqu’un d’autre.

Ainsi, le problĂšme ne vient pas seulement de la race ou de la religion, mais d’un systĂšme Ă©conomique qui maintient des millions de personnes dans la pauvretĂ© et la peur – un systĂšme devenu si enracinĂ© et nourri par son propre succĂšs qu'il met l'humanitĂ© en danger. C’est l’acceptation par de nombreux Afro-AmĂ©ricains du statu quo qui a inspirĂ© *Just Because*. 

Les deux derniers morceaux d'Umar le voient revisiter des poĂšmes de leur deuxiĂšme album, *This Is Madness!*. Par ailleurs, les morceaux instrumentaux d’*Africanism* sont aussi rĂ©vĂ©lateurs et excitants que les paroles des Last Poets. Les styles et influences variĂ©s prĂ©sentĂ©s ici ne sont pas issus de samples mais jouĂ©s « en live » par des musiciens rĂ©agissant aux sons d’autres musiciens. C’est de lĂ  que vient la magie, soutenue par le mixage incomparable de Prince Fatty, qui permet Ă  chaque son d’ĂȘtre entendu avec une clartĂ© remarquable.

John Masouri