Jusqu'au Bout Du Monde
Star Feminine Band, les hardest working women du show-business du BeÌnin, sortent leur troisieÌme album chez Born Bad, qui sâeÌtait deÌcarcasseÌ pour sortir le premier. On en connait qui chopent le palu aÌ la vue de la treÌs collante eÌtiquette world : soyez assureÌs que le monde, câest tout ce quâelles meÌritent, apreÌs neuf ans de boulot acharneÌ. Ces huit jeunes femmes, venues dâun village que meÌme les beÌninois ont du mal aÌ situer, ont commenceÌ le meÌtier en mode expert. Car outre soi, faut convaincre la famille, le village, et tout un continent que ça vaut le coup.
AndreÌ Â« Papa » Balaguemon, compositeur, manager et parolier, fait beaucoup, tout en restant dans lâombre. Il a assembleÌ le groupe, dans lequel ses trois filles jouent aussi, loge tout le monde avec sa femme Edwige qui geÌre aussi danses et costumes. Il leur a donneÌ une formation musicale, et a creÌeÌ le cadre pour quâelles poursuivent lâeÌcole tout en reÌpeÌtant dur. De ce projet improbable au statut dâambassadrices UNICEF, on mesure lâimmense chemin parcouru par ce groupe solaire. Lâexistence meÌme de ce nouvel album teÌmoigne de la perseÌveÌrance de GraÌce, Anne, Urrice, BeÌnie, AngeÌlique, Sandrine, Julienne et Ashley. Le personnel de cette family affair a un tout petit peu bougeÌ : deux nouvelles femmes ont rejoint la formation, qui sâest frotteÌe aÌ des plateaux exigeants (Les Eurocks, Glastonbury lâeÌteÌ, la BBC aÌ NoeÌl).
Ce nouveau disque donne des joies simples : entendre des voix grandir, un talent instrumental se confirmer, les musiciennes contribuer aÌ lâeÌcriture pour passer de premier girl band beÌninois aÌ band tout court. Et ce sans oublier pourquoi elles ont pris la sceÌne : lâeÌmancipation nâest pas un diÌner de gala. Star Feminine Band fait de la musique directe, qui ne prend pas de deÌtours pour exprimer ce qui manque au pays. Câest pas de la candeur, câest du pragmatisme. Quand GraÌce chante « lâenfant a le droit aÌ lâeÌducation / obligeÌeÌeÌ Â», câest quâil nây a rien dâautre aÌ dire de plus important ce jour-laÌ. Comme elles le notaient dans leur premier album « la musique câest notre boulot », laissez-les faire, elles font ça treÌs bien. Le Star Feminine Band sâamuse dans ce disque qui se promeÌne dans le territoire vaste et poreux des innombrables styles propres aÌ lâAfrique de lâOuest. Elles sâoffrent meÌme une incursion reggae pour causer mariage au troisieÌme degreÌ (avec une petite saillie rap), et entrelacent leurs voix dans un joyeux bazar multilingue (Waama, Ditamari, Bariba, Fon, Yoruba : un embarras du choix qui va avec le territoire). Et si on en doutait, yâa des tubes. Chacun reconnaitra les siens mais « Lâenfant câest un don de Dieu » est un veÌritable rouleau-compresseur qui aplanit meÌthodiquement le terrain pour danser ensemble sur son chorus final. On a pas fini de reÌpeÌter « debout-les-en-fants » avec elles.
Moins garage que les deux premiers albums, soutenu par des arrangements fins, des parties de clavier ambitieuses, et des harmonies vocales plus complexes sans que lâensemble ait perdu en spontaneÌiteÌ, ce troisieÌme opus vient tranquillement, en toute modestie, nourrir le patrimoine musical beÌninois. Comme elles lâaffirment treÌs bien dans « Jusquâau bout du monde », malin petit tunnel de remerciements quâon voit deÌjaÌ gonfler sur sceÌne : « oui câest Star Feminine Band qui a gagneÌ-o ».
Halory Goergerâ©
Original : $23.00
-70%$23.00
$6.90
Description
Star Feminine Band, les hardest working women du show-business du BeÌnin, sortent leur troisieÌme album chez Born Bad, qui sâeÌtait deÌcarcasseÌ pour sortir le premier. On en connait qui chopent le palu aÌ la vue de la treÌs collante eÌtiquette world : soyez assureÌs que le monde, câest tout ce quâelles meÌritent, apreÌs neuf ans de boulot acharneÌ. Ces huit jeunes femmes, venues dâun village que meÌme les beÌninois ont du mal aÌ situer, ont commenceÌ le meÌtier en mode expert. Car outre soi, faut convaincre la famille, le village, et tout un continent que ça vaut le coup.
AndreÌ Â« Papa » Balaguemon, compositeur, manager et parolier, fait beaucoup, tout en restant dans lâombre. Il a assembleÌ le groupe, dans lequel ses trois filles jouent aussi, loge tout le monde avec sa femme Edwige qui geÌre aussi danses et costumes. Il leur a donneÌ une formation musicale, et a creÌeÌ le cadre pour quâelles poursuivent lâeÌcole tout en reÌpeÌtant dur. De ce projet improbable au statut dâambassadrices UNICEF, on mesure lâimmense chemin parcouru par ce groupe solaire. Lâexistence meÌme de ce nouvel album teÌmoigne de la perseÌveÌrance de GraÌce, Anne, Urrice, BeÌnie, AngeÌlique, Sandrine, Julienne et Ashley. Le personnel de cette family affair a un tout petit peu bougeÌ : deux nouvelles femmes ont rejoint la formation, qui sâest frotteÌe aÌ des plateaux exigeants (Les Eurocks, Glastonbury lâeÌteÌ, la BBC aÌ NoeÌl).
Ce nouveau disque donne des joies simples : entendre des voix grandir, un talent instrumental se confirmer, les musiciennes contribuer aÌ lâeÌcriture pour passer de premier girl band beÌninois aÌ band tout court. Et ce sans oublier pourquoi elles ont pris la sceÌne : lâeÌmancipation nâest pas un diÌner de gala. Star Feminine Band fait de la musique directe, qui ne prend pas de deÌtours pour exprimer ce qui manque au pays. Câest pas de la candeur, câest du pragmatisme. Quand GraÌce chante « lâenfant a le droit aÌ lâeÌducation / obligeÌeÌeÌ Â», câest quâil nây a rien dâautre aÌ dire de plus important ce jour-laÌ. Comme elles le notaient dans leur premier album « la musique câest notre boulot », laissez-les faire, elles font ça treÌs bien. Le Star Feminine Band sâamuse dans ce disque qui se promeÌne dans le territoire vaste et poreux des innombrables styles propres aÌ lâAfrique de lâOuest. Elles sâoffrent meÌme une incursion reggae pour causer mariage au troisieÌme degreÌ (avec une petite saillie rap), et entrelacent leurs voix dans un joyeux bazar multilingue (Waama, Ditamari, Bariba, Fon, Yoruba : un embarras du choix qui va avec le territoire). Et si on en doutait, yâa des tubes. Chacun reconnaitra les siens mais « Lâenfant câest un don de Dieu » est un veÌritable rouleau-compresseur qui aplanit meÌthodiquement le terrain pour danser ensemble sur son chorus final. On a pas fini de reÌpeÌter « debout-les-en-fants » avec elles.
Moins garage que les deux premiers albums, soutenu par des arrangements fins, des parties de clavier ambitieuses, et des harmonies vocales plus complexes sans que lâensemble ait perdu en spontaneÌiteÌ, ce troisieÌme opus vient tranquillement, en toute modestie, nourrir le patrimoine musical beÌninois. Comme elles lâaffirment treÌs bien dans « Jusquâau bout du monde », malin petit tunnel de remerciements quâon voit deÌjaÌ gonfler sur sceÌne : « oui câest Star Feminine Band qui a gagneÌ-o ».
Halory Goergerâ©






















