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WIZZZ - French Psychorama - 1967/1975 - Volume 5

WIZZZ - French Psychorama - 1967/1975 - Volume 5

Le voyage dans les archives pop francophones se poursuit avec ce cinquiĂšme volume gorgĂ© de fuzz, de gimmicks et de contestation. Loin des hit-parades, les titres sĂ©lectionnĂ©s tĂ©moignent d’une grande libertĂ© crĂ©atrice, souvent Ă©paulĂ©e d’un humour corrosif. Bienvenue dans l’univers surprenant, kalĂ©idoscopique et colorĂ© des late-sixties et early-seventies, Wizzz !

Originaire de Montauban, Robert Pico vient Ă  la chanson par hasard quand il rencontre RenĂ© Vaneste, directeur artistique chez PathĂ©-Marconi. Ce dernier le fait monter Ă  Paris pour un premier 45 tours EP en 1964. Un an plus tard, Pierre Perret le fait entrer chez Vogue oĂč il enregistre son deuxiĂšme disque avec l’orchestre de Claude Nougaro, puis Sylvie Vartan l’introduit chez RCA oĂč il enregistre quatre 45 tours dont l’étonnant jerk Chien FidĂšle soutenu par une guitare fuzz Ă©bouriffante. ParallĂšlement Ă  sa carriĂšre solo, il compose pour d’autres artistes : Alain Delon (un titre enregistrĂ© mais restĂ© inĂ©dit), Magali NoĂ«l, Bourvil ou Georges GuĂ©tary. Dans le Paris des sixties, il frĂ©quente Mireille Darc, Elsa Martinelli, Marie Laforet, France Gall, Françoise Hardy, Petula Clark, RĂ©gine, Dani, Serge Gainsbourg, Joe Dassin, Franck Fernandel, Charles Level ou Roland Vincent. MalgrĂ© ses efforts et un grand prix Sacem obtenu pour son ultime disque, Robert Pico ne rencontre pas le succĂšs espĂ©rĂ© dans le show-business et dĂ©cide de quitter Paris pour retrouver le Sud-Ouest oĂč il se consacre Ă  l’écriture. Auteur de 23 livres (dont Delon et Compagnie, Éditions Jean-Marc Savary 2025, consacrĂ© Ă  ses souvenirs de jeunesse et Ă  ses nombreuses rencontres), il est aujourd’hui soulagĂ© de n’ĂȘtre jamais devenu vedette et poursuit son Ɠuvre avec passion.

En 1969 sort le film franco-italien Erotissimo du rĂ©alisateur GĂ©rard PirĂšs (auquel on doit Taxi sorti en 1998, Ă©crit et produit par Luc Besson). Cette comĂ©die pop rĂ©unit Annie Girardot, Jean Yanne, Francis Blanche, Serge Gainsbourg, Nicole Croisille, Jacques Martin ou encore Patrick Topaloff ; la musique est Ă©crite par Michel Polnareff et William Sheller avec le concours de Jean-Lou Dabadie pour les paroles. « La Femme Faux-cils » interprĂ©tĂ©e par Annie Girardot Ă©voque les Ă©mois d’une riche Ă©pouse de PDG qui souhaite dĂ©velopper son sex-appeal sous l’influence de la publicitĂ© et des magazines. Groovy, pĂ©tillant et lĂ©ger, ce titre aux arrangements luxuriants critique avec humour la sociĂ©tĂ© consumĂ©riste et les standards de la beautĂ© conjuguĂ©e au fĂ©minin.

« Je suis l’état » (1967) est le titre-phare du premier 45 tours EP du chanteur-compositeur-interprĂšte Spauv Georges alias Georges Larriaga, plus connu sous le nom de Jim Larriaga (1941-2022). NĂ© de parents boulangers, le jeune homme se destine Ă  la coiffure quand il dĂ©couvre les musiques anglo-saxonnes Ă  travers Elvis Presley et les Beatles. Suite Ă  ce choc, il dĂ©cide de devenir auteur-compositeur et se donne cinq ans pour rĂ©ussir. Il enregistre ses deux premiers disques Ă  compte d’auteur pour le label RCA sous le pseudonyme de Spauv Georges, soit le sobriquet donnĂ© dans sa jeunesse par la mĂšre de son ami Jean-Pierre PrĂ©votat (futur batteur des Players, du groupe Triangle ou de Johnny Hallyday). Incarnant un jeune homme dĂ©pressif et dĂ©calĂ©, Spauv Georges crĂ©e des chansons corrosives et amusantes qui ne rencontrent pas le grand public, malgrĂ© un passage tĂ©lĂ© chez Jean-Christophe Averty.
ConseillĂ© par son fidĂšle ami auteur-compositeur Jean-Max RiviĂšre, Georges Larriaga rencontre au dĂ©but des annĂ©es 70 le futur chanteur Carlos, alors secrĂ©taire de Sylvie Vartan. Il Ă©crit pour lui « La vie est belle », « Y’a des indiens partout » ou encore « La cantine », Ă©norme succĂšs populaire en 1972. Il compose Ă©galement pour Claude François (« Anne-Marie », 1971), Charlotte Julian (« Fleur de province », 1972), participe au lancement de l’enfant-chanteur RomĂ©o (4 millions de disques vendus), et signe plus tard le hit « Pas besoin d’éducation sexuelle » (1975) pour la jeune Julie Bataille. En 1971, Jim enregistre un album pour Disc’Az: « L’univers Ă©trange et fou de Jim Larriaga », qui contient des perles pop comme « La maison de mon pĂšre ».

L’histoire de la chanson ZoĂ© commence quand Pierre Dorsay, directeur artistique chez Vogue, propose au chanteur et musicien suisse Pierre Alain d’écrire pour une nouvelle chanteuse. L’inspiration lui vient quand il s’aperçoit que ZoĂ© (le nom de l’artiste) est aussi le nom de la premiĂšre pile atomique française crĂ©e en 1948, constituĂ©e d’oxyde d’uranium plongĂ© dans l’eau lourde ! Le texte Ă©voque un bouillonnement d’énergie Ă  manipuler avec prĂ©caution, tandis que l’instrumentation fait Ă©cho Ă  cette thĂ©matique atomique avec notamment l’utilisation d’un thĂ©rĂ©mine.
La carriĂšre de ZoĂ© n’a durĂ© que le temps d’un 45 tours mais il semble que la vocaliste cachĂ©e derriĂšre ce pseudonyme soit Christine Fontane, responsable de plusieurs EP’s, d’un bon album dans le style « popcorn » en 1964 et d’une poignĂ©e de 45 tours pour enfants dans les annĂ©es 1970. Quoi qu’il en soit, c’est encore une autre fille qui est photographiĂ©e sur la pochette.
Par la suite, Pierre Alain a poursuivi sa carriĂšre, Ă©crivant des chansons pour lui-mĂȘme ou Marie LaforĂȘt, DaniĂšle Licari, Alice Dona, Arlette Zola (3Ăšme Ă  l'Eurovison en 1982) et obtenant une brassĂ©e de disques d'or et de platine au Canada. Inventeur avec plusieurs brevets Ă  son actif, prĂ©sident de l’AcadĂ©mie romande, du Cercle des Rousseauistes, acadĂ©micien rhodanien des Lettres, membre de l'Alliance française qu'il prĂ©sida Ă  GenĂšve, il compose maintenant des musiques atonales, des livres et des poĂšmes. Il dirige par ailleurs "Les Mardis de Pierre Alain" au "P'tit Music'Hohl" de GenĂšve oĂč il chante et invite d'autres talents.

GorgĂ© de chƓurs orientaux et de guitare fuzz, « Fou » est issu de l’unique 45 tours EP Vogue de Jacques Da Sylva sorti en 1967. MalgrĂ© la qualitĂ© de cet enregistrement, la trace du chanteur disparait aprĂšs ce premier effort.

Valentin est un chanteur de pop baroque nĂ© en Belgique, auteur et compositeur de la majoritĂ© des titres de ses trois 45 tours parus Ă  la fin des annĂ©es 60 au Canada. Une lĂ©gende voulait qu’il se soit rĂ©incarnĂ© en Jacky Valentin au cours des seventies pour une carriĂšre rock’n’roll revival en Belgique mais son frĂšre ainĂ© nous a hĂ©las dĂ©menti l’information. Les deux premiers singles de Valentin sont arrangĂ©s par Claude Rogen, pianiste de studio parisien venu au Canada pour assurer la promotion de la chanson « Mister A Gogo », soit la reprise du « Laughing Gnome » de David Bowie adaptĂ©e par la chanteuse Delphine son Ă©pouse d’alors. Loin de son rĂ©seau habituel, Claude Rogen assure des arrangements pour Polydor, dont ceux de « Je suis un vagabond » en 1969, jerk Ă  cordes Ă  l’optimisme rageur.

Jacques Malia Ă©crit, compose et enregistre son unique 45 tours EP pour Festival en 1966. « Histoire de gitan » est un incroyable titre beat avec scat bohĂ©mien qui relate les aventures d’un musicien gitan montĂ© Ă  Paris pour rĂ©ussir dans le Music-Hall, sans succĂšs. Le hĂ©ros de la chanson et son auteur ont sans doute connu un destin similaire, Jacques Malia Ă©tant retombĂ© dans l’anonymat aprĂšs cette Ă©tonnante tentative.

Bernard Jamet a enregistrĂ© deux 45 tours EP Barclay Ă  la fin des sixties et co-signĂ© une poignĂ©e de titres avec Christine Pilzer, Pascal Danel ou les prolifiques auteurs-compositeurs Michel Delancray et Mya Simile. Le titre « Raison LĂ©gale » (1968), son chef d’Ɠuvre, plonge l’auditeur en plein tribunal Ă  l’heure du jugement d’un assassin, sur un rythme jerk avec arrangements free. Une bizarrerie paranoĂŻaque, juridique et psychĂ©dĂ©lique unique en son genre.

Jean-Pierre Lebrot-Millers commence sa carriĂšre dans le show-business en 1967 en tant que chanteur et compositeur pour la marque Philips. AprĂšs trois 45 tours, il compose quelques titres d’un nouveau genre avec son ami Pierre Halioche dans le contexte de libĂ©ration sexuelle et de dĂ©mocratisation des drogues. PortĂ©es par des paroles sulfureuses, « Les filles du hasard » et « Barbara au Chapeau Rose » paraissent sur un 45 tours Philips en 1968. Le personnage de Barbara est inspirĂ© d’une reine des nuits parisiennes des annĂ©es psychĂ©dĂ©liques : la model Charlotte Martin qui fut la compagne d’Eric Clapton de 1965 Ă  1968, puis de Jimmy Page de 1970 Ă  1983. Les arrangements de Jean-Claude Petit avec tablas en intro, cuivres soul et guitare hendrixienne soulignent la flamboyance d’un personnage hĂ©doniste et sexy, dont le chien s’appelle Junkie car « Junkie est un nom exquis » ! Le titre est enregistrĂ© en direct avec l’orchestre au complet, en 3 prises.
AussitĂŽt aprĂšs sa sortie, le disque est censurĂ© par Europe 1 et RTL pour ses allusions aux paradis artificiels. Jean-Pierre Lebrot est alors interdit d’antenne, puis remerciĂ© par sa maison de disques. Il change son nom d’artiste en Jean-Pierre Millers tandis que son comparse Pierre Halioche se transforme en D. Dolby pour une nouvelle composition onirique, « Chilla », que Jean-Pierre produit lui-mĂȘme et qui bĂ©nĂ©ficie d’arrangements signĂ©s Jean Musy. Encore une fois, la chanson est immĂ©diatement censurĂ©e partout. AprĂšs ce nouvel Ă©cueil, il dĂ©cide d’arrĂȘter de chanter et enchaĂźne les petits boulots pour subvenir aux besoins de sa femme suĂ©doise et de leur fils jusqu’au jour oĂč il rencontre Jean-Pierre Martin alors directeur de production chez Decca, qui a travaillĂ© avec Manu Dibango. Il propose Ă  Jean-Pierre Lebrot-Millers alors employĂ© chez Rank Xerox, de devenir directeur artistique chez Decca. Il accepte et devient un an plus tard directeur de promotion (radios, presse, tĂ©lĂ©vision), s’occupe du premier disque de Julio Iglesias pour Decca qui devient un tube Ă©norme et lui permet de rencontrer Claude Carrere. Ce dernier lui demande d’écrire de nouvelles chansons et d’en trouver les interprĂštes comme un « talent-scout », c’est ainsi que Jean-Pierre dĂ©couvre Julie Pietri ou Corinne HermĂšs. Il compose « Ma Pompadour » pour Ringo, le mari de Sheila et reprend le micro pour le hit syncopĂ© « Rendez-Vous » en 1982.
La mĂȘme annĂ©e, Jean-Pierre Lebrot-Millers tente de sortir un titre pour lequel il s’est lourdement endettĂ© : « Si la vie est un cadeau ». Il l’a enregistrĂ© Ă  Londres et le prĂ©sente Ă  d’innombrables professionnels qui refusent tous de s’engager. MĂȘme topo du cĂŽtĂ© d’Antenne 2 et de la Sacem quand il propose la chanson pour reprĂ©senter le France Ă  l’Eurovision. Puis il rencontre HaĂŻm Saban, qui produit des musiques de dessins animĂ©s et vient de lancer le gĂ©nĂ©rique de Goldorak. Saban Ă©coute la chanson et dĂ©clare que c’est un tube en puissance. Il envoie Jean-Pierre et Corinne HermĂšs rencontrer le PDG de la radio et de la tĂ©lĂ©vision du Luxembourg. Ce dernier les reçoit, demande Ă  Ă©couter un couplet et un refrain a capella dans son bureau, et les engage aussitĂŽt pour reprĂ©senter le Luxembourg Ă  l’Eurovision 1983. Ils refont les arrangements, un nouvel enregistrement et HaĂŻm Saban devient coproducteur. La chanson gagne l’Eurovision 1983, belle revanche pour notre hĂ©ros. Il enchaĂźne les productions et traine avec le groupe Nacash en Belgique quand un couple vient lui prĂ©senter leur fille pour une audition improvisĂ©e dans une chambre d’hĂŽtel. La fillette chante « Les dĂ©mons de minuit » en dansant au son d’un radio-cassette. EmballĂ©, il lui fait prendre des cours de chant pendant un an, lui compose une chanson (il a une mĂ©lodie et un titre mais pas de paroles) et cherche un parolier, ce sera Guy Carlier. Ils enregistrent la chanson qui est alors un slow au studio CBE de Bernard Estardy et donnent un nouveau prĂ©nom Ă  la chanteuse : Melody. La chanson est proposĂ©e au mĂ©tier sans succĂšs, puis Estardy appelle Jean-Pierre pour lui dire qu’il faut changer le rythme et faire un pop-rock. Le rĂ©sultat plait Ă©normĂ©ment Ă  Orlando, frĂšre de Dalida, qui dĂ©cide de coproduire le titre, « Y’a pas que les grands qui rĂȘvent » qui devient un classique. Depuis la chanson a Ă©tĂ© reprise par Juliette Armanet (en slow, comme Ă  l’origine) ou Valentina.

Issu d’une famille d’aristocrates bretons, HervĂ© Mettais-Cartier est animateur au Queen Kiss, une discothĂšque de Poitiers, quand il crĂ©e le groupe Les ConcentrĂ©s avec Michel (comĂ©dien) et Christian (technicien radio). Ensemble, ils bĂątissent un rĂ©pertoire de chansons dĂ©lirantes (« Ma bique est morte », « J’suis un salaud », « Fils de dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© »  ) qu’ils dĂ©fendent sur scĂšne tout de blanc vĂȘtus (en hommage au « lait concentrĂ© »). Ils se produisent au Bliboquet et Ă  l’Olympia en 1968 pour la 10° Ă©dition des « Relais de la chanson Française » organisĂ©s par L’HumanitĂ©-Dimanche et Nous les Garçons et les Filles sous le patronage de Pepsi Cola. LaurĂ©ats dans la catĂ©gorie auteurs-compositeurs aux cĂŽtĂ©s de la chanteuse Dorte (Danemark), ils bĂ©nĂ©ficient d’une visibilitĂ© qui leur permet d’enregistrer un 45 tours et de passer Ă  la tĂ©lĂ©vision dans l’émission de Jean-Christophe Averty. La face A du disque prĂ©sente « Bruno le ravageur », casatchok dĂ©diĂ© Ă  Bruno Caquatrix le directeur de l’Olympia, surnommĂ© dans la chanson « Coq Atroce » ou « croque-actrices », tandis que la face B est consacrĂ©e Ă  « Fils de dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© », hommage farfelu aux origines aristocratiques d’HervĂ© qui mĂȘle l’absurde Ă  de savantes harmonies vocales.
AprĂšs les ConcentrĂ©s, HervĂ© Mettais-Cartier crĂ©e le duo La Paire et sa BĂȘtise avec son ami Olivier Robert. Ils se produisent dans les cabarets parisiens et partent en tournĂ©e avec Pierre Vassiliu. À la fin des annĂ©es 70, HervĂ© Mettais-Cartier se lance dans une carriĂšre solo. Il enregistre deux albums pour le label Motors en 1978 et 1979 qui ne rencontrent pas le succĂšs espĂ©rĂ© faute de promotion. En 1980 il rencontre Bernadette avec laquelle il fonde une famille et crĂ©e un spectacle de « chansons Ă  voir » qu’il dĂ©fend jusqu’à son dĂ©cĂšs fin 2024.

PublicitĂ© est issu du dernier 45 tours EP des Missiles (Ducretet Thomson, 1966), un disque qui contient aussi « La (nouvelle) guerre de cent ans », incluse sur le volume 4 de notre sĂ©rie Wizzz ! Merci de vous reporter au livret pour (re)dĂ©couvrir l’histoire du groupe.

« Il mesure 1 m 82, il a 28 ans, il pĂšse 135 kg, il est noir et belge » : voici la description du chanteur Hegesippe que l’on peut lire au dos de son unique single (Decca, 1967). Il apparait sur les photos de pochette vĂȘtu d’une toge grecque tel un gag hippie en cette fin d’annĂ©e 1967. Dans « Le crĂ©do d’Hegesippe », cet ex-gorille d’Antoine et des Charlots joue la savoureuse carte de la brute Ă©paisse convertie au Flower-Power et Ă  la non-violence, sur des arrangements signĂ©s Jean-Daniel Mercier aka Paul Mille.

« EthĂ©ro-disco » est paru sur un disque publicitaire destinĂ© aux clients de la sociĂ©tĂ© MarĂ©chal (LiĂšge, Belgique) pour la nouvelle annĂ©e 1979. Sur un rythme funky se succĂšdent les imitations de cĂ©lĂ©britĂ©s (Brigitte Bardot, Jacques Dutronc, Fernandel
 ) dĂ©livrant un texte Ă©nigmatique traitant de produits pharmaceutiques comme l’éther, le bismuth ou l’aspartate. Le titre est composĂ© par Dan Sarravah (responsable du « Hold-up inusitĂ© » de Joanna inclus sur Wizzz ! Volume 3) et Tony Talado, Ă  la fois chanteur (un 45 tours en 1967), auteur-compositeur (une quinzaine de rĂ©fĂ©rences entre 1964 et 1985 dans des styles trĂšs divers allant de la surf music au disco en passant par les variĂ©tĂ©s), auteur (Devenez VĂ©gĂ©tarien, Ă©ditions Dricot 1985), dessinateur publicitaire et psychologue.

DĂ©collez-les occupe la face A de l’unique 45 tours de Mamlouk, un pseudonyme pour Marsel Hurten auquel on doit quelques EP’s Ă  la fin des sixties mais aussi les musiques de « Capri, c’est fini » pour HervĂ© Vilard, « la Haine » pour Claude Channes, « On m’a toujours dit » pour Annie Philippe ou « Panne de CƓur » pour Nancy Holloway.
Cette Ă©trange chanson aux cuivres afro-beat ponctuĂ©e des dialogues dĂ©lirants entre un chef de cuisine et ses commis, est le rĂ©sultat d’une collaboration entre Marsel Hurten et l’un de ses voisins photographe de Pavillon-sous-Bois (93) oĂč le musicien s’est installĂ© Ă  son retour de la guerre l’AlgĂ©rie. Un vidĂ©o-clip est tournĂ© pour assurer la promotion du 45 tours.
Marsel Hurtens est nĂ© Ă  Tourcoing (59) dans une famille de musiciens. TrĂšs jeune, il entre dans l’harmonie fondĂ©e par son grand-pĂšre en jouant du piston puis Ă©tudie la trompette au conservatoire et la guitare en autodidacte. Musicien d’orchestre, il tourne en France, en Belgique, en Allemagne et en Angleterre, rĂ©alise une sĂ©rie de 45 tours solo entre 1965 et 1968 pour les labels DMF et Az, puis cesse d’enregistrer pour se consacrer Ă  d’autres artistes (Gilles Olivier, NoĂ«lle Cordier
 ).

« L’amour nu » (Vogue, 1971) est l’Ɠuvre du groupe belge Ă©phĂ©mĂšre MozaĂŻque. Le titre Ă©crit par le chanteur Jacques Albin ressemble beaucoup Ă  une autre de ses compositions, « CarrĂ© Blanc » enregistrĂ©e par lui-mĂȘme en 1969 pour Disc’AZ.

PortĂ© par le micro-label Lumi Son basĂ© Ă  Marignane (CĂŽte d’Azur), Jean-Marc Garrigues sort Ă  la fin des sixties deux 45 tours dĂ©fendant les couleurs du jerk Ă  la française. La chanson « Je dis Non » est une courte et jouissive ode Ă  la jeunesse, Ă  la pop-music et Ă  la contestation.

Auteur-compositeur-interprĂšte, Jacques Penuel a rĂ©alisĂ© trois 45 tours dont le premier, « Astronef 328 » (Fontana, 1969), propose une suite d’accords vertigineuse ponctuĂ©e d’effets sonores, un texte de science-fiction et des arrangements signĂ©s Jean-Claude Vannier.

Nous tenons Ă  remercier chaleureusement Pierre Alain, Moon Blaha, Marsel Hurten, Bastien Larriaga, Jean-Pierre Lebrot-Millers, Bernadette Mettais Cartier, Robert Pico, Olivier Robert, Claude Rogen, Micky Segura.

$23.00
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Description

Le voyage dans les archives pop francophones se poursuit avec ce cinquiĂšme volume gorgĂ© de fuzz, de gimmicks et de contestation. Loin des hit-parades, les titres sĂ©lectionnĂ©s tĂ©moignent d’une grande libertĂ© crĂ©atrice, souvent Ă©paulĂ©e d’un humour corrosif. Bienvenue dans l’univers surprenant, kalĂ©idoscopique et colorĂ© des late-sixties et early-seventies, Wizzz !

Originaire de Montauban, Robert Pico vient Ă  la chanson par hasard quand il rencontre RenĂ© Vaneste, directeur artistique chez PathĂ©-Marconi. Ce dernier le fait monter Ă  Paris pour un premier 45 tours EP en 1964. Un an plus tard, Pierre Perret le fait entrer chez Vogue oĂč il enregistre son deuxiĂšme disque avec l’orchestre de Claude Nougaro, puis Sylvie Vartan l’introduit chez RCA oĂč il enregistre quatre 45 tours dont l’étonnant jerk Chien FidĂšle soutenu par une guitare fuzz Ă©bouriffante. ParallĂšlement Ă  sa carriĂšre solo, il compose pour d’autres artistes : Alain Delon (un titre enregistrĂ© mais restĂ© inĂ©dit), Magali NoĂ«l, Bourvil ou Georges GuĂ©tary. Dans le Paris des sixties, il frĂ©quente Mireille Darc, Elsa Martinelli, Marie Laforet, France Gall, Françoise Hardy, Petula Clark, RĂ©gine, Dani, Serge Gainsbourg, Joe Dassin, Franck Fernandel, Charles Level ou Roland Vincent. MalgrĂ© ses efforts et un grand prix Sacem obtenu pour son ultime disque, Robert Pico ne rencontre pas le succĂšs espĂ©rĂ© dans le show-business et dĂ©cide de quitter Paris pour retrouver le Sud-Ouest oĂč il se consacre Ă  l’écriture. Auteur de 23 livres (dont Delon et Compagnie, Éditions Jean-Marc Savary 2025, consacrĂ© Ă  ses souvenirs de jeunesse et Ă  ses nombreuses rencontres), il est aujourd’hui soulagĂ© de n’ĂȘtre jamais devenu vedette et poursuit son Ɠuvre avec passion.

En 1969 sort le film franco-italien Erotissimo du rĂ©alisateur GĂ©rard PirĂšs (auquel on doit Taxi sorti en 1998, Ă©crit et produit par Luc Besson). Cette comĂ©die pop rĂ©unit Annie Girardot, Jean Yanne, Francis Blanche, Serge Gainsbourg, Nicole Croisille, Jacques Martin ou encore Patrick Topaloff ; la musique est Ă©crite par Michel Polnareff et William Sheller avec le concours de Jean-Lou Dabadie pour les paroles. « La Femme Faux-cils » interprĂ©tĂ©e par Annie Girardot Ă©voque les Ă©mois d’une riche Ă©pouse de PDG qui souhaite dĂ©velopper son sex-appeal sous l’influence de la publicitĂ© et des magazines. Groovy, pĂ©tillant et lĂ©ger, ce titre aux arrangements luxuriants critique avec humour la sociĂ©tĂ© consumĂ©riste et les standards de la beautĂ© conjuguĂ©e au fĂ©minin.

« Je suis l’état » (1967) est le titre-phare du premier 45 tours EP du chanteur-compositeur-interprĂšte Spauv Georges alias Georges Larriaga, plus connu sous le nom de Jim Larriaga (1941-2022). NĂ© de parents boulangers, le jeune homme se destine Ă  la coiffure quand il dĂ©couvre les musiques anglo-saxonnes Ă  travers Elvis Presley et les Beatles. Suite Ă  ce choc, il dĂ©cide de devenir auteur-compositeur et se donne cinq ans pour rĂ©ussir. Il enregistre ses deux premiers disques Ă  compte d’auteur pour le label RCA sous le pseudonyme de Spauv Georges, soit le sobriquet donnĂ© dans sa jeunesse par la mĂšre de son ami Jean-Pierre PrĂ©votat (futur batteur des Players, du groupe Triangle ou de Johnny Hallyday). Incarnant un jeune homme dĂ©pressif et dĂ©calĂ©, Spauv Georges crĂ©e des chansons corrosives et amusantes qui ne rencontrent pas le grand public, malgrĂ© un passage tĂ©lĂ© chez Jean-Christophe Averty.
ConseillĂ© par son fidĂšle ami auteur-compositeur Jean-Max RiviĂšre, Georges Larriaga rencontre au dĂ©but des annĂ©es 70 le futur chanteur Carlos, alors secrĂ©taire de Sylvie Vartan. Il Ă©crit pour lui « La vie est belle », « Y’a des indiens partout » ou encore « La cantine », Ă©norme succĂšs populaire en 1972. Il compose Ă©galement pour Claude François (« Anne-Marie », 1971), Charlotte Julian (« Fleur de province », 1972), participe au lancement de l’enfant-chanteur RomĂ©o (4 millions de disques vendus), et signe plus tard le hit « Pas besoin d’éducation sexuelle » (1975) pour la jeune Julie Bataille. En 1971, Jim enregistre un album pour Disc’Az: « L’univers Ă©trange et fou de Jim Larriaga », qui contient des perles pop comme « La maison de mon pĂšre ».

L’histoire de la chanson ZoĂ© commence quand Pierre Dorsay, directeur artistique chez Vogue, propose au chanteur et musicien suisse Pierre Alain d’écrire pour une nouvelle chanteuse. L’inspiration lui vient quand il s’aperçoit que ZoĂ© (le nom de l’artiste) est aussi le nom de la premiĂšre pile atomique française crĂ©e en 1948, constituĂ©e d’oxyde d’uranium plongĂ© dans l’eau lourde ! Le texte Ă©voque un bouillonnement d’énergie Ă  manipuler avec prĂ©caution, tandis que l’instrumentation fait Ă©cho Ă  cette thĂ©matique atomique avec notamment l’utilisation d’un thĂ©rĂ©mine.
La carriĂšre de ZoĂ© n’a durĂ© que le temps d’un 45 tours mais il semble que la vocaliste cachĂ©e derriĂšre ce pseudonyme soit Christine Fontane, responsable de plusieurs EP’s, d’un bon album dans le style « popcorn » en 1964 et d’une poignĂ©e de 45 tours pour enfants dans les annĂ©es 1970. Quoi qu’il en soit, c’est encore une autre fille qui est photographiĂ©e sur la pochette.
Par la suite, Pierre Alain a poursuivi sa carriĂšre, Ă©crivant des chansons pour lui-mĂȘme ou Marie LaforĂȘt, DaniĂšle Licari, Alice Dona, Arlette Zola (3Ăšme Ă  l'Eurovison en 1982) et obtenant une brassĂ©e de disques d'or et de platine au Canada. Inventeur avec plusieurs brevets Ă  son actif, prĂ©sident de l’AcadĂ©mie romande, du Cercle des Rousseauistes, acadĂ©micien rhodanien des Lettres, membre de l'Alliance française qu'il prĂ©sida Ă  GenĂšve, il compose maintenant des musiques atonales, des livres et des poĂšmes. Il dirige par ailleurs "Les Mardis de Pierre Alain" au "P'tit Music'Hohl" de GenĂšve oĂč il chante et invite d'autres talents.

GorgĂ© de chƓurs orientaux et de guitare fuzz, « Fou » est issu de l’unique 45 tours EP Vogue de Jacques Da Sylva sorti en 1967. MalgrĂ© la qualitĂ© de cet enregistrement, la trace du chanteur disparait aprĂšs ce premier effort.

Valentin est un chanteur de pop baroque nĂ© en Belgique, auteur et compositeur de la majoritĂ© des titres de ses trois 45 tours parus Ă  la fin des annĂ©es 60 au Canada. Une lĂ©gende voulait qu’il se soit rĂ©incarnĂ© en Jacky Valentin au cours des seventies pour une carriĂšre rock’n’roll revival en Belgique mais son frĂšre ainĂ© nous a hĂ©las dĂ©menti l’information. Les deux premiers singles de Valentin sont arrangĂ©s par Claude Rogen, pianiste de studio parisien venu au Canada pour assurer la promotion de la chanson « Mister A Gogo », soit la reprise du « Laughing Gnome » de David Bowie adaptĂ©e par la chanteuse Delphine son Ă©pouse d’alors. Loin de son rĂ©seau habituel, Claude Rogen assure des arrangements pour Polydor, dont ceux de « Je suis un vagabond » en 1969, jerk Ă  cordes Ă  l’optimisme rageur.

Jacques Malia Ă©crit, compose et enregistre son unique 45 tours EP pour Festival en 1966. « Histoire de gitan » est un incroyable titre beat avec scat bohĂ©mien qui relate les aventures d’un musicien gitan montĂ© Ă  Paris pour rĂ©ussir dans le Music-Hall, sans succĂšs. Le hĂ©ros de la chanson et son auteur ont sans doute connu un destin similaire, Jacques Malia Ă©tant retombĂ© dans l’anonymat aprĂšs cette Ă©tonnante tentative.

Bernard Jamet a enregistrĂ© deux 45 tours EP Barclay Ă  la fin des sixties et co-signĂ© une poignĂ©e de titres avec Christine Pilzer, Pascal Danel ou les prolifiques auteurs-compositeurs Michel Delancray et Mya Simile. Le titre « Raison LĂ©gale » (1968), son chef d’Ɠuvre, plonge l’auditeur en plein tribunal Ă  l’heure du jugement d’un assassin, sur un rythme jerk avec arrangements free. Une bizarrerie paranoĂŻaque, juridique et psychĂ©dĂ©lique unique en son genre.

Jean-Pierre Lebrot-Millers commence sa carriĂšre dans le show-business en 1967 en tant que chanteur et compositeur pour la marque Philips. AprĂšs trois 45 tours, il compose quelques titres d’un nouveau genre avec son ami Pierre Halioche dans le contexte de libĂ©ration sexuelle et de dĂ©mocratisation des drogues. PortĂ©es par des paroles sulfureuses, « Les filles du hasard » et « Barbara au Chapeau Rose » paraissent sur un 45 tours Philips en 1968. Le personnage de Barbara est inspirĂ© d’une reine des nuits parisiennes des annĂ©es psychĂ©dĂ©liques : la model Charlotte Martin qui fut la compagne d’Eric Clapton de 1965 Ă  1968, puis de Jimmy Page de 1970 Ă  1983. Les arrangements de Jean-Claude Petit avec tablas en intro, cuivres soul et guitare hendrixienne soulignent la flamboyance d’un personnage hĂ©doniste et sexy, dont le chien s’appelle Junkie car « Junkie est un nom exquis » ! Le titre est enregistrĂ© en direct avec l’orchestre au complet, en 3 prises.
AussitĂŽt aprĂšs sa sortie, le disque est censurĂ© par Europe 1 et RTL pour ses allusions aux paradis artificiels. Jean-Pierre Lebrot est alors interdit d’antenne, puis remerciĂ© par sa maison de disques. Il change son nom d’artiste en Jean-Pierre Millers tandis que son comparse Pierre Halioche se transforme en D. Dolby pour une nouvelle composition onirique, « Chilla », que Jean-Pierre produit lui-mĂȘme et qui bĂ©nĂ©ficie d’arrangements signĂ©s Jean Musy. Encore une fois, la chanson est immĂ©diatement censurĂ©e partout. AprĂšs ce nouvel Ă©cueil, il dĂ©cide d’arrĂȘter de chanter et enchaĂźne les petits boulots pour subvenir aux besoins de sa femme suĂ©doise et de leur fils jusqu’au jour oĂč il rencontre Jean-Pierre Martin alors directeur de production chez Decca, qui a travaillĂ© avec Manu Dibango. Il propose Ă  Jean-Pierre Lebrot-Millers alors employĂ© chez Rank Xerox, de devenir directeur artistique chez Decca. Il accepte et devient un an plus tard directeur de promotion (radios, presse, tĂ©lĂ©vision), s’occupe du premier disque de Julio Iglesias pour Decca qui devient un tube Ă©norme et lui permet de rencontrer Claude Carrere. Ce dernier lui demande d’écrire de nouvelles chansons et d’en trouver les interprĂštes comme un « talent-scout », c’est ainsi que Jean-Pierre dĂ©couvre Julie Pietri ou Corinne HermĂšs. Il compose « Ma Pompadour » pour Ringo, le mari de Sheila et reprend le micro pour le hit syncopĂ© « Rendez-Vous » en 1982.
La mĂȘme annĂ©e, Jean-Pierre Lebrot-Millers tente de sortir un titre pour lequel il s’est lourdement endettĂ© : « Si la vie est un cadeau ». Il l’a enregistrĂ© Ă  Londres et le prĂ©sente Ă  d’innombrables professionnels qui refusent tous de s’engager. MĂȘme topo du cĂŽtĂ© d’Antenne 2 et de la Sacem quand il propose la chanson pour reprĂ©senter le France Ă  l’Eurovision. Puis il rencontre HaĂŻm Saban, qui produit des musiques de dessins animĂ©s et vient de lancer le gĂ©nĂ©rique de Goldorak. Saban Ă©coute la chanson et dĂ©clare que c’est un tube en puissance. Il envoie Jean-Pierre et Corinne HermĂšs rencontrer le PDG de la radio et de la tĂ©lĂ©vision du Luxembourg. Ce dernier les reçoit, demande Ă  Ă©couter un couplet et un refrain a capella dans son bureau, et les engage aussitĂŽt pour reprĂ©senter le Luxembourg Ă  l’Eurovision 1983. Ils refont les arrangements, un nouvel enregistrement et HaĂŻm Saban devient coproducteur. La chanson gagne l’Eurovision 1983, belle revanche pour notre hĂ©ros. Il enchaĂźne les productions et traine avec le groupe Nacash en Belgique quand un couple vient lui prĂ©senter leur fille pour une audition improvisĂ©e dans une chambre d’hĂŽtel. La fillette chante « Les dĂ©mons de minuit » en dansant au son d’un radio-cassette. EmballĂ©, il lui fait prendre des cours de chant pendant un an, lui compose une chanson (il a une mĂ©lodie et un titre mais pas de paroles) et cherche un parolier, ce sera Guy Carlier. Ils enregistrent la chanson qui est alors un slow au studio CBE de Bernard Estardy et donnent un nouveau prĂ©nom Ă  la chanteuse : Melody. La chanson est proposĂ©e au mĂ©tier sans succĂšs, puis Estardy appelle Jean-Pierre pour lui dire qu’il faut changer le rythme et faire un pop-rock. Le rĂ©sultat plait Ă©normĂ©ment Ă  Orlando, frĂšre de Dalida, qui dĂ©cide de coproduire le titre, « Y’a pas que les grands qui rĂȘvent » qui devient un classique. Depuis la chanson a Ă©tĂ© reprise par Juliette Armanet (en slow, comme Ă  l’origine) ou Valentina.

Issu d’une famille d’aristocrates bretons, HervĂ© Mettais-Cartier est animateur au Queen Kiss, une discothĂšque de Poitiers, quand il crĂ©e le groupe Les ConcentrĂ©s avec Michel (comĂ©dien) et Christian (technicien radio). Ensemble, ils bĂątissent un rĂ©pertoire de chansons dĂ©lirantes (« Ma bique est morte », « J’suis un salaud », « Fils de dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© »  ) qu’ils dĂ©fendent sur scĂšne tout de blanc vĂȘtus (en hommage au « lait concentrĂ© »). Ils se produisent au Bliboquet et Ă  l’Olympia en 1968 pour la 10° Ă©dition des « Relais de la chanson Française » organisĂ©s par L’HumanitĂ©-Dimanche et Nous les Garçons et les Filles sous le patronage de Pepsi Cola. LaurĂ©ats dans la catĂ©gorie auteurs-compositeurs aux cĂŽtĂ©s de la chanteuse Dorte (Danemark), ils bĂ©nĂ©ficient d’une visibilitĂ© qui leur permet d’enregistrer un 45 tours et de passer Ă  la tĂ©lĂ©vision dans l’émission de Jean-Christophe Averty. La face A du disque prĂ©sente « Bruno le ravageur », casatchok dĂ©diĂ© Ă  Bruno Caquatrix le directeur de l’Olympia, surnommĂ© dans la chanson « Coq Atroce » ou « croque-actrices », tandis que la face B est consacrĂ©e Ă  « Fils de dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© », hommage farfelu aux origines aristocratiques d’HervĂ© qui mĂȘle l’absurde Ă  de savantes harmonies vocales.
AprĂšs les ConcentrĂ©s, HervĂ© Mettais-Cartier crĂ©e le duo La Paire et sa BĂȘtise avec son ami Olivier Robert. Ils se produisent dans les cabarets parisiens et partent en tournĂ©e avec Pierre Vassiliu. À la fin des annĂ©es 70, HervĂ© Mettais-Cartier se lance dans une carriĂšre solo. Il enregistre deux albums pour le label Motors en 1978 et 1979 qui ne rencontrent pas le succĂšs espĂ©rĂ© faute de promotion. En 1980 il rencontre Bernadette avec laquelle il fonde une famille et crĂ©e un spectacle de « chansons Ă  voir » qu’il dĂ©fend jusqu’à son dĂ©cĂšs fin 2024.

PublicitĂ© est issu du dernier 45 tours EP des Missiles (Ducretet Thomson, 1966), un disque qui contient aussi « La (nouvelle) guerre de cent ans », incluse sur le volume 4 de notre sĂ©rie Wizzz ! Merci de vous reporter au livret pour (re)dĂ©couvrir l’histoire du groupe.

« Il mesure 1 m 82, il a 28 ans, il pĂšse 135 kg, il est noir et belge » : voici la description du chanteur Hegesippe que l’on peut lire au dos de son unique single (Decca, 1967). Il apparait sur les photos de pochette vĂȘtu d’une toge grecque tel un gag hippie en cette fin d’annĂ©e 1967. Dans « Le crĂ©do d’Hegesippe », cet ex-gorille d’Antoine et des Charlots joue la savoureuse carte de la brute Ă©paisse convertie au Flower-Power et Ă  la non-violence, sur des arrangements signĂ©s Jean-Daniel Mercier aka Paul Mille.

« EthĂ©ro-disco » est paru sur un disque publicitaire destinĂ© aux clients de la sociĂ©tĂ© MarĂ©chal (LiĂšge, Belgique) pour la nouvelle annĂ©e 1979. Sur un rythme funky se succĂšdent les imitations de cĂ©lĂ©britĂ©s (Brigitte Bardot, Jacques Dutronc, Fernandel
 ) dĂ©livrant un texte Ă©nigmatique traitant de produits pharmaceutiques comme l’éther, le bismuth ou l’aspartate. Le titre est composĂ© par Dan Sarravah (responsable du « Hold-up inusitĂ© » de Joanna inclus sur Wizzz ! Volume 3) et Tony Talado, Ă  la fois chanteur (un 45 tours en 1967), auteur-compositeur (une quinzaine de rĂ©fĂ©rences entre 1964 et 1985 dans des styles trĂšs divers allant de la surf music au disco en passant par les variĂ©tĂ©s), auteur (Devenez VĂ©gĂ©tarien, Ă©ditions Dricot 1985), dessinateur publicitaire et psychologue.

DĂ©collez-les occupe la face A de l’unique 45 tours de Mamlouk, un pseudonyme pour Marsel Hurten auquel on doit quelques EP’s Ă  la fin des sixties mais aussi les musiques de « Capri, c’est fini » pour HervĂ© Vilard, « la Haine » pour Claude Channes, « On m’a toujours dit » pour Annie Philippe ou « Panne de CƓur » pour Nancy Holloway.
Cette Ă©trange chanson aux cuivres afro-beat ponctuĂ©e des dialogues dĂ©lirants entre un chef de cuisine et ses commis, est le rĂ©sultat d’une collaboration entre Marsel Hurten et l’un de ses voisins photographe de Pavillon-sous-Bois (93) oĂč le musicien s’est installĂ© Ă  son retour de la guerre l’AlgĂ©rie. Un vidĂ©o-clip est tournĂ© pour assurer la promotion du 45 tours.
Marsel Hurtens est nĂ© Ă  Tourcoing (59) dans une famille de musiciens. TrĂšs jeune, il entre dans l’harmonie fondĂ©e par son grand-pĂšre en jouant du piston puis Ă©tudie la trompette au conservatoire et la guitare en autodidacte. Musicien d’orchestre, il tourne en France, en Belgique, en Allemagne et en Angleterre, rĂ©alise une sĂ©rie de 45 tours solo entre 1965 et 1968 pour les labels DMF et Az, puis cesse d’enregistrer pour se consacrer Ă  d’autres artistes (Gilles Olivier, NoĂ«lle Cordier
 ).

« L’amour nu » (Vogue, 1971) est l’Ɠuvre du groupe belge Ă©phĂ©mĂšre MozaĂŻque. Le titre Ă©crit par le chanteur Jacques Albin ressemble beaucoup Ă  une autre de ses compositions, « CarrĂ© Blanc » enregistrĂ©e par lui-mĂȘme en 1969 pour Disc’AZ.

PortĂ© par le micro-label Lumi Son basĂ© Ă  Marignane (CĂŽte d’Azur), Jean-Marc Garrigues sort Ă  la fin des sixties deux 45 tours dĂ©fendant les couleurs du jerk Ă  la française. La chanson « Je dis Non » est une courte et jouissive ode Ă  la jeunesse, Ă  la pop-music et Ă  la contestation.

Auteur-compositeur-interprĂšte, Jacques Penuel a rĂ©alisĂ© trois 45 tours dont le premier, « Astronef 328 » (Fontana, 1969), propose une suite d’accords vertigineuse ponctuĂ©e d’effets sonores, un texte de science-fiction et des arrangements signĂ©s Jean-Claude Vannier.

Nous tenons Ă  remercier chaleureusement Pierre Alain, Moon Blaha, Marsel Hurten, Bastien Larriaga, Jean-Pierre Lebrot-Millers, Bernadette Mettais Cartier, Robert Pico, Olivier Robert, Claude Rogen, Micky Segura.